ANRS 12346 - AIMA

VIH et cancer dans les pays à ressources limitées : état des lieux et faisabilité d’un projet de suivi prospectif des cancers chez les personnes vivant avec le VIH dans 3 capitales d’Afrique sub-saharienne

 

Investigateur(s)/Coordinateur(s) 

Responsables scientifiques

•    Dr De Beaudrap Pierre (CEPED, IRD)
•    Pr Tebeu Pierre-Marie (CHU Yaoundé)

Contexte et Objectifs

Problématique

Dans les pays à ressources limitées, les cancers représentent un problème de santé publique croissant. En 2008, près de 56% des cancers et 64% des décès associés sont survenus dans des pays à ressources limitées. En Afrique sub-saharienne où le VIH est un gros problème, environ un tiers des cancers sont associés aux maladies infectieuses. Les personnes infectées par le VIH sont particulièrement concernées par un risque accru de sarcome de Kaposi, de lymphomes et de cancer du col. Pourtant, les données sur la fréquence des cancers chez les adultes infectés par le VIH et sur leur prise en charge dans les contextes de pays à ressources limitées sont très limitées. Au sein des projets financés par l’ANRS, par exemple, on observe un contraste marqué entre une production riche de recherches sur cette question en France et un nombre très limité d’études en Afrique sub-Saharienne.

Objectif

L’objectif de cette étude exploratoire était de faire un état des lieux sur l’épidémiologie et la morbidité des cancers chez les adultes infectés par le VIH à Yaoundé, Bobo Dioulasso et Abidjan, en particulier  au sein des sites ANRS, sur les mesures de dépistage et de prise en charge disponibles, et de réfléchir sur les priorités de recherche dans ce domaine et dans ces trois pays. 

Ce projet s’articule donc sur deux axes de travail: 

  • - Une analyse de situation qui avait pour objectif spécifique d’analyser les besoins pour la lutte contre le cancer chez personnes vivant avec le VIH à Yaoundé, et Bobo-Dioulasso. Cette analyse aporté sur la prévention, le dépistage précoce, le diagnostic et traitement des cancers, les soins palliatifs, et la surveillance et système d’information
  • - Une réflexion sur les priorités de recherche dans le domaine de la prévention et de la prise en charge des cancers chez les personnes vivant avec le VIH.

  • - Cette réflexion permettra de déterminer les questions de recherche prioritaires dans les contextes des trois villes étudiées, les critères de résultats importants à considérer, et le type d’étude nécessaire pour y répondre. 

Les données de cette étude transversale multicentrique à visée descriptive ont été collectées à partir de recherches bibliographique ou documentaire, d’entretiens avec des informateurs clés et de revus rétrospective de dossiers. 

Mots-Clés : Cancer, VIH, Afrique sub-Saharienne, Santé Publique, prévention

Zone géographique 

Cameroun, Yaoundé, Burkina Faso, Bobo-Dioulasso et Côte d’Ivoire, Abidjan

Résultats et valorisation  

« Cancers gynécologiques et VIH: perspectives d’une analyse de situation au Cameroun ». Colloque de la société de Gynécologie – Obstétrique du Cameroun, Douala, septembre 2015 

L’état des lieux a été réalisé au Cameroun et au Burkina Faso. La première réunion du groupe de travail s’est tenue à l’ANRS le 16 mars 2016 (http://www.anrs.fr/VIH-SIDA/Pays-a-ressources-limitees/Actualites/Premiere-reunion-du-groupe-de-travail-Cancer-et-VIH-dans-les-pays-du-Sud ). Les principales conclusions ont été les suivantes : 

  • -    Il y a un manque de données flagrant sur le cancer (fréquence, nature, devenir) chez les personnes vivant avec le VIH dans les sites étudiés et cela est responsable d’un manque d’intervention dans ce domaine. La mise en place d’outils standardisés pour les cliniciens et de système d’information médicale est nécessaire pour améliorer cela. 
  • -    Les trois cancers ayant reçu le plus de priorité en terme d’importance par le groupe de travail ont été : 
    • Cancer du col : cancer le plus fréquent chez la femme infectée par le VIH. Il existe plusieurs méthodes de dépistages mais il est nécessaire de les évaluer chez les femmes vivant avec le VIH. 
    • Sarcome de Kaposi : deuxième cancer chez le patient infecté par le VIH. La prise en charge repose sur les ARV +/- chimiothérapie dans les formes sévères. Si les anthracylines liposomales sont le traitement de référence, elles ne sont pas utilisées dans les pays à ressources limitées en raison du coût. Il est donc nécessaire de proposer des prises en charge alternative et plus accessibles pour ces contextes. 
    • Le lymphome non hodgkinien : un des cancer les plus fréquent chez le patient infecté par le VIH mais très peu diagnostiqué et pris en charge dans les pays à ressources limitées. 

Suite aux conclusions de cette première réunion, trois sous groupes ont été constitués pour travailler sur chacun des axes prioritaires. Cela a débouché sur la soumission d’un projet sur le dépistage du cancer du col (AIMA-CC) à l’appel d’offre ANRS de septembre 2016. Un autre projet est en cours de préparation. 

Un article de synthèse et « point de vue » est en cours de préparation. 

 

Durée (en nombre de mois): 
12
InfVIH SSSP Prevention
Situation Actuelle: 
En cours
Fiche Projet: