ANRS 12288 - EVOLCam

Analyse des évolutions du programme camerounais d’accès aux ARV dans les régions du Centre et du Littoral face aux enjeux actuels de la prise en charge du VIH et des principales co-infections

 

Investigateur(s)/Coordinateur(s)

Investigateur principal Sud : Pr Christopher Kuaban, Faculté de Médecine et de sciences biomédicales, Université de Yaoundé 1, Yaoundé

Investigateur principal Nord : Dr Laurent Vidal, SESSTIM (UMR 912 INSERM/IRD/Université Aix-Marseille), Marseille, France

Co-investigateurs :

Responsable du volet socio-économique : Dr Sylvie Boyer, SESSTIM (UMR 912 INSERM/IRD/ Université Aix-Marseille), Marseille, France

Responsable du volet biologique et clinique : Dr Christian Laurent, IRD, UMI 233, Montpellier

Responsable du volet socio-anthropologique : Pr Marie-Thérèse Mengue, Université Catholique d’Afrique Centrale, Yaoundé, Cameroun

 

Problématique

Le Programme camerounais fait face aujourd’hui à une montée en charge importante des services VIH, conséquence à la fois de l’adoption de la gratuité des ARV en 2007, du relèvement à 350 CD4 du seuil d’éligibilité pour l’initiation du traitement et du vieillissement des files actives. Simultanément, l’ancienneté du programme soulève de nouveaux enjeux liés à la prise en charge des principales co-infections du VIH, dont la tuberculose et les hépatites, ainsi qu’à la gestion des passages en 2nde ligne. Ces évolutions interviennent dans un contexte de "crise" des financements internationaux de la lutte contre le VIH/sida qui font peser des menaces préoccupantes sur la qualité des services et la pérennité de l’accès aux ARV.

Objectif

Objectif général :

Analyser les évolutions du programme camerounais d’accès aux ARV par rapport à la première enquête EVAL conduite en 2006 face aux enjeux actuels posés par la montée en puissance des besoins en traitements, le vieillissement des files actives et la gestion des co-infections dans un contexte de raréfaction des financements internationaux alloués à la lutte contre le VIH.

Objectifs spécifiques :
  • Étudier les évolutions de l’accès aux traitements ARV et de la qualité de la prise en charge dans les régions de l’Extrême Nord, du Centre et du Littoral (y compris Yaoundé et Douala), dans une perspective comparative avec la première enquête EVAL conduite en 2006 ; 
  • Étudier la prise en charge et les conditions de vie des personnes vivant avec le VIH/Sida (PVVS) co-infectées par la Tuberculose pulmonaire (TB) et/ou l’Hépatite B (VHB) ou C (VHC) dans les villes de Yaoundé et Douala.
 

Méthodologie

La recherche associe des approches quantitatives et qualitatives et comprend trois enquêtes :

  1. une enquête "Patient" auprès de patients séropositifs co-infectés ou non TB, VHB ou VHC, incluant des données médicales, biologiques, comportementales et socio-anthropologiques ;
  2. une enquête "Professionnels de santé" auprès des soignants des services VIH et TB où est conduite l’enquête "Patient", portant sur les pratiques des professionnels de santé impliqués dans la prise en charge de l’infection à VIH et/ou TB et hépatites ;
  3. une enquête "Formations sanitaires" portant sur un recueil de données sur les caractéristiques des services VIH et TB où sera conduite l’enquête "Patient".
Durée (en nombre de mois): 
36

 

Avancement

La valorisation des données d’EVOLCAM est en cours. Une première analyse a permis d’étudier l’évolution de la qualité de vie (QdV) des PVVIH dans des hôpitaux camerounais de la région Centre et Littoral, ainsi que les facteurs associés, en utilisant des données à 8 ans d’intervalle. Les résultats montrent une stabilité de la QdV mentale des PVVIH au Cameroun, entre 2006 et 2014, ce qui reflète un processus associé principalement aux caractéristiques individuelles. En revanche, il existe une dégradation de la QdV physique, qui reflète des différences entre hôpitaux qui pourraient mettre en cause le fonctionnement et/ou la qualité de certaines structures de prise en charge. Cette dégradation de la QdV associée à certaines structures pourrait être le reflet des effets de la récente crise économique et de problèmes plus profonds en termes d’indicateurs cliniques des PVVIH au Cameroun.

Une seconde analyse a pour objectif d’étudier les facteurs individuels et structurels expliquant les écarts à l’observance et les interruptions de traitement. Les résultats de l’analyse mettent en évidence des résultats sous-optimaux du Programme Camerounais dans le domaine de l’observance, ainsi que les fortes contraintes liées à l’offre de soins avec un effet délétère des ruptures en ARV. La pérennité de l’approvisionnement en ARV et le renforcement des systèmes de santé doivent susciter une attention particulière, au risque de compromettre les avancées obtenues dans la lutte contre le VIH. 

D’un point de vue qualitatif, une étude visait à analyser les expériences des patients récemment dépistés pour l’hépatite B et C et le type de contraintes (cognitives, économiques, sociales) rencontrées par ces patients pour accéder aux soins, ainsi que sur les difficultés ressenties par les soignants pour améliorer la prise en charge de leurs patients. Les résultats confirment un effet cumulatif des difficultés qui se cristallise autour du dépistage des hépatites virales. L’accès au dépistage est toutefois une opportunité pour envisager une stratégie robuste de prévention, d’information et d’accès aux traitements face à une urgence de santé publique.

 

InfVIH SSSP APP
Situation Actuelle: 
En cours
Fiche Projet: