ANRS 12207 - PRIVAR

Analyse de la réponse cellulaire au vaccin rougeole chez les nouveaux-nés infectés par le VIH au Cameroun (PRIVAR pour PEDIACAM : Réponse Immune à la Vaccination Anti-Rougeole).

 

Contexte et Objectifs

La rougeole est une cause importante de mortalité infantile évitable grâce à la vaccination qui a effectivement réduit très significativement la mortalité due à cette maladie dans le monde. Plusieurs études ont mis en évidence que des enfants nés de mères séropositives pour VIH avaient des taux faibles d’anticorps maternels et étaient  plus sensibles à une infection rougeole à un âge très jeune. L’OMS recommande que les nourrissons qui présentent un haut risque de développer une rougeole avant l’âge de 9 mois,  incluant ceux infectés par le VIH, reçoivent 2 doses de vaccin rougeole à 6 et à 9 mois. Notre étude précédente avait montré que des enfants infectés VIH, nés de mères séropositives pour VIH avaient une réponse humorale plus faible après la vaccination rougeole que des enfants séronégatifs pour VIH nés de mères séropositives. Le projet PRIVAR a comme but d’évaluer les réponses cellulaires après une vaccination rougeole chez des enfants infectés VIH. Les réponses étudiées incluent les réponses cellulaires T adaptatives développées après vaccination ainsi que les réponses immunes innées impliquant les cellules NK.
Dans le cadre de PRIVAR, 2 questions ont été posées : (i) des enfants infectés VIH à la naissance et traités en multi-thérapie sont-ils capables de monter et de maintenir des réponses humorales et cellulaires CD4 et CD8 spécifiques contre la rougeole 3 mois après la primo-vaccination et 3 mois après une dose de rappel ; (ii) quelles sont les populations  NK périphériques qui sont mobilisées chez ces enfants lors de la vaccination et quelles sont leurs capacités cytotoxiques.
Durée (en nombre de mois): 
24

 

Avancement

Trois groupes de nourrissons inclus dans la cohorte prospective ANRS-Pédiacam sont  analysés : enfants infectés VIH nés de mères infectées et soumis  à un traitement antirétroviral dès le diagnostic établi (groupe 1i, 44 enfants), enfants séronégatifs pour VIH nés de mères séropositives (groupe 1ni, 31 enfants) et enfin enfants séronégatifs pour VIH nés de mères non infectées (groupe 2ni, 47 enfants). Les prélèvements sanguins sont effectués à 6, 9 et 12 mois pour les enfants des groupes 1i et 1ni et à 9 et 12 mois pour les enfants du groupe 2ni. L’âge médian des nourrissons à leur inclusion est 6, 7 et 8 mois pour les groupes 1i, 1ni et 2ni respectivement.
Toutes les expériences au laboratoire sont terminées. Une partie des analyses statistiques sur le phénotype des cellules NK est également terminée. Succinctement, nous avons observé des modifications dans le répertoire NK chez les nourrissons infectés, comparé aux noninfectés.12 récepteurs NK différents ont été analysés pour chaque enfant dans les 3 groupes et à chacune de leur visite. L’analyse des activités cytotoxiques est en cours.
Au niveau des réponses T, il reste encore quelques analyses FACS à réaliser. Une analyse comparative avec la réponse humorale nous permettra d’évaluer le type de réponse immune qui prédomine dans les différents groupes d’enfants. Le rôle de la thérapie antirétrovirale ainsi que d’autres facteurs, comme le rôle des rappels de vaccination sont en évaluation.

 

Perspectives

L’analyse précise du niveau d’immunisation tant humorale que cellulaire de ces enfants dans les conditions d’un protocole établi de suivi permettra de déterminer si des campagnes de vaccination répétées seraient nécessaires dans les zones de haute prévalence du VIH.
Cette étude pourrait se prolonger par une analyse de réponses cellulaires immunes (spécifiques et non spécifiques) dirigées contre d’autres pathogènes infectieux endémiques du Cameroun ou des régions voisines, comme les hépatites B et C.
SFP DIViro InfVIH
Situation Actuelle: 
Terminé